Juridique

Augmentation loyer DPE reclassé 2026 : hausse illégale en bail

Un logement passe de F à E sans travaux à cause du nouveau calcul du DPE. Le bailleur augmente le loyer en cours de bail. Voici pourquoi c'est interdit, et comment chiffrer le trop-payé.

· 6 min de lecture

Une frise chronologique stylisée en vectoriel plat affichée sur l'écran d'un ordinateur portable, montrant deux étiquettes énergie DPE (F barrée

Un locataire de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, reçoit un courrier de son bailleur début 2026. Le logement qu'il occupe vient de changer d'étiquette énergétique, de F à E, sans qu'aucun travaux n'ait été réalisé. Le bailleur en profite pour appliquer une hausse de loyer. La question posée est simple : ce reclassement autorise-t-il une révision en cours de bail ?

Le cas : un T3 de 58 m² à Montreuil (93) reclassé F en E au 1er janvier 2026

Le loyer de base, la hausse IRL appliquée par le bailleur et l'étiquette qui a changé sans travaux

Le bail porte sur un T3 de 58 m², loué 980 € hors charges depuis mars 2023. La clause d'indexation prévoit une révision annuelle sur l'IRL, à la date anniversaire du bail. En mars 2026, le bailleur applique une hausse de 65 € par mois, portant le loyer à 1045 €. Il justifie ce montant par le passage du logement de la classe F à la classe E au 1er janvier 2026, obtenu grâce à un nouveau diagnostic de performance énergétique (DPE), sans qu'aucun poste de rénovation n'ait été engagé — ni isolation, ni changement de chauffage.

La révision légale par IRL, elle, ne justifie pas une telle hausse. Sur un loyer de 980 €, l'application de l'indice du 2e trimestre 2026 (148,37) rapporté à celui du 2e trimestre 2025 (146,68) donne un coefficient de 1,011519. Le loyer révisé s'établit à 991,29 €, soit 11,29 € de plus par mois, et non 65 €.

Le nouveau mode de calcul du DPE peut reclasser un logement sans travaux

Le mécanisme qui permet ce genre de reclassement sans travaux a déjà été détaillé dans un article publié sur ce blog, consacré à la mise à jour du calcul du DPE pour l'électricité et à son effet sur la valeur des logements chauffés à l'électrique. Il n'est pas repris ici : l'essentiel, pour ce cas, est que le changement d'étiquette ne résulte d'aucune amélioration physique du logement.

Le reclassement ne débloque pas la hausse en cours de bail

Ce que verrouille l'article 18 : jamais de révision en cours de bail ni en reconduction tacite

L'article 18 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa rédaction issue de la loi Climat et résilience du 22 août 2021 (article 159), applicable depuis le 24 août 2022, encadre strictement les hypothèses de révision du loyer en cours de bail. En dehors de la clause d'indexation annuelle sur l'IRL, aucune autre cause de révision n'est prévue pendant la durée du contrat, y compris en cas de reconduction tacite. Un changement d'étiquette énergétique, quelle qu'en soit la cause, ne figure pas parmi les motifs légaux de révision en cours de bail.

Le reclassement d'un logement de F vers E n'ouvre donc aucune fenêtre de révision hors clause d'indexation, ni en cours de bail, ni au moment d'une reconduction tacite : le texte de l'article 18 n'en prévoit pas d'autre. Le mécanisme de gel des loyers pour les logements F et G, lui, reste indépendant de cette question — il empêche toute hausse, il ne l'autorise jamais en retour lorsqu'il cesse de s'appliquer.

Une révision seulement au renouvellement, avec un DPE ou une attestation valide à l'appui

La seule fenêtre où un changement de classe énergétique peut jouer un rôle est le renouvellement du bail, lorsque le loyer était sous-évalué par rapport au marché local. Cette procédure, distincte de la révision annuelle, exige la production d'un DPE ou d'une attestation en cours de validité et suit un formalisme propre, avec des références de loyers comparables. Elle ne s'applique ni en cours de bail ni à la reconduction tacite, qui prolonge le contrat aux mêmes conditions.

Chiffrer le trop-payé sur le cas de Montreuil

Le calcul mois par mois : différence entre loyer révisé et loyer dû

Le loyer légalement dû, après application de l'IRL, est de 991,29 €. Le loyer facturé par le bailleur est de 1045 €. L'écart mensuel s'établit à 53,71 €. Sur les sept mois écoulés entre mars et septembre 2026, le trop-payé atteint 375,97 €. Si la situation perdure jusqu'à la date anniversaire suivante en mars 2027, soit douze mois de hausse illégale, le trop-payé cumulé s'élève à 644,52 € pour cette seule année de bail.

Ce que la prescription de trois ans permet de remonter, en euros

L'action en répétition de l'indu, pour des sommes perçues sans fondement légal au titre du loyer, se prescrit par trois ans à compter de chaque paiement indûment versé. Concrètement, pour ce bail signé en 2023, seul le trop-payé constaté depuis mars 2026 peut être réclamé à ce jour — l'ancienneté du contrat n'ouvre pas droit à remonter plus loin que trois ans en arrière au moment de l'action. Si la hausse se poursuit sans contestation, le trop-payé s'accumule à raison de 644,52 € par an environ, le loyer légal continuant lui-même à progresser chaque année avec l'IRL : sur trois années pleines, la somme récupérable resterait proche de trois fois ce montant annuel, sous réserve d'une décision du juge. C'est un ordre de grandeur propre à ce cas, pas un montant garanti.

Le recours : de la lettre au bailleur au juge des contentieux de la protection

Exiger le DPE annexé au bail et contester par écrit avant tout paiement

La première étape consiste à demander au bailleur le DPE ayant servi de base au reclassement, document qui doit de toute façon être annexé au bail. La seconde consiste à adresser une contestation écrite, par lettre recommandée avec accusé de réception, rappelant le montant du loyer légalement dû et le fondement de la clause d'indexation. Payer sans contester n'éteint pas le droit à répétition, mais documenter le désaccord dès le premier mois facilite la preuve devant un juge.

Le recours au juge en cas d'échec de la contestation amiable

Le tribunal compétent en cas d'échec de la contestation amiable est le juge des contentieux de la protection, saisi par déclaration au greffe ou assignation selon le montant en jeu. Ce juge peut ordonner la restitution du trop-perçu constaté, assortie le cas échéant d'intérêts au taux légal. L'issue dépend des pièces produites par chaque locataire — bail, quittances, DPE, correspondance — et ne suit aucune règle de calcul automatique. Un accompagnement par l'ADIL ou un avocat reste recommandé avant d'engager une procédure.

Récapitulatif : ce qui s'applique à ce cas, ce qui ne s'y applique pas

  • S'applique : la révision annuelle par clause d'indexation sur l'IRL, ici 11,29 € de hausse mensuelle légale sur un loyer de 980 €
  • S'applique : l'interdiction de toute autre cause de révision en cours de bail, article 18 de la loi du 6 juillet 1989 modifiée en 2022
  • S'applique : la prescription de trois ans sur l'action en répétition de l'indu, calculée à partir de chaque paiement
  • Ne s'applique pas : la procédure de majoration au renouvellement, réservée à la fin du bail et non à son cours
  • Ne s'applique pas : le gel des loyers propre aux classes F et G, puisque le logement est reclassé en E
  • Ne s'applique pas : une hausse automatique liée au changement d'étiquette énergétique, qui n'existe dans aucun texte cité ici
  • Trop-payé chiffré sur ce cas : 53,71 € par mois, 375,97 € sur sept mois, 644,52 € sur douze mois

Ce que ce calcul ne dit pas

Ce calcul ne dit pas si le bail comporte une clause d'indexation valide et correctement rédigée : sans elle, aucune révision annuelle n'est due, même selon l'IRL. Il ne dit pas non plus si le DPE produit par le bailleur est réellement conforme à la méthode de calcul en vigueur au 1er janvier 2026, ni si une erreur de méthode a été commise sur ce diagnostic précis. Il ne tient pas compte d'un éventuel accord amiable antérieur entre les parties, ni d'une clause contractuelle particulière qui s'écarterait du droit commun. Chaque bail se lit dans son intégralité avant toute conclusion.

Ce qu'il faut vérifier avant d'agir

  1. 1.Relire la clause de révision du bail et calculer soi-même le loyer dû avec l'IRL en vigueur, en comparant avec le montant réellement facturé.
  2. 2.Demander au bailleur, par écrit, le DPE ou l'attestation ayant servi de base au reclassement, et vérifier sa date d'établissement et sa méthode de calcul.
  3. 3.Contacter l'ADIL du département ou un avocat avant d'engager une contestation formelle ou une action devant le juge des contentieux de la protection, pour faire valider le montant du trop-payé sur son dossier précis.

Vérifiez la hausse de loyer autorisée avec le calculateur de révision IRL

Sources

  1. Article 18 de la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs — Légifrance, 24 août 2022
  2. Augmentation et révision du loyer en cours de bail — service-public.gouv.fr, 15 janvier 2026
  3. Indice de référence des loyers (IRL) — service-public.gouv.fr, 10 juillet 2026
  4. Diagnostic de performance énergétique (DPE) — service-public.gouv.fr, 1 février 2026
  5. Diagnostics à fournir au locataire — service-public.gouv.fr, 20 janvier 2026
  6. Indice de référence des loyers — INSEE, 15 juillet 2026

Cet article a été rédigé puis publié automatiquement par un système d'intelligence artificielle à partir des sources vérifiées citées ci-dessus sans que cela nuise à l'intérêt ou à la qualité de ce contenu. Toutefois si vous relevez une erreur factuelle, merci de nous la signaler.

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